Les déserts couvrent un tiers des terres émergées et accueillent chaque année des millions de voyageurs en quête de silence, de grands espaces et de nuits étoilées. Du Sahara marocain au Namib namibien, ces paysages extrêmes offrent une expérience sensorielle impossible à reproduire ailleurs.
Le Sahara au Maroc : porte d’entrée du plus grand désert chaud
Le Sahara s’étend sur 9,2 millions de kilomètres carrés à travers onze pays d’Afrique du Nord. Sa partie marocaine, la plus accessible, concentre les sites les plus spectaculaires pour un premier voyage dans le désert.
Les dunes de l’Erg Chebbi, près de Merzouga, culminent à 150 mètres. Leur teinte orangée varie avec la lumière du jour, passant de l’or au lever du soleil au rouge profond au crépuscule. L’Erg Chigaga, plus isolé, attire les voyageurs qui recherchent la solitude : trois jours de méharée suffisent pour atteindre ses dunes depuis M’hamid El Ghizlane.
Une nuit sous les étoiles du Sahara transforme la perception du temps. La pollution lumineuse y est quasi nulle, et la Voie lactée se dessine d’un horizon à l’autre. Le silence, total, devient palpable. Beaucoup de voyageurs combinent cette excursion avec la visite de Marrakech et ses quartiers historiques, point de départ naturel vers le sud marocain.
Les communautés nomades qui habitent ces marges sahariennes cuisinent avec des épices locales dont les propriétés médicinales sont documentées depuis des siècles : cumin, curcuma, ras el hanout.
Désert d’Atacama au Chili : le plus aride de la planète
L’Atacama reçoit moins d’un millimètre de pluie par an. Certaines stations météorologiques n’ont jamais enregistré la moindre précipitation. Ce désert perché entre 2 000 et 5 000 mètres d’altitude offre des paysages lunaires sans équivalent sur Terre.
| Site | Altitude | Particularité |
|---|---|---|
| Vallée de la Lune | 2 550 m | Formations salines et argileuses |
| Geysers del Tatio | 4 320 m | 3e champ géothermique mondial |
| Salar d’Atacama | 2 300 m | Plus grand salar du Chili (3 000 km2) |
| Lagunes altiplano | 4 200 m | Flamants roses des Andes |
Les geysers del Tatio crachent leurs colonnes de vapeur à l’aube, quand la température frôle -15 °C. Le spectacle dure une heure, le temps que le soleil réchauffe l’air ambiant. Treize observatoires astronomiques jalonnent la région, dont l’ALMA (Atacama Large Millimeter Array), le plus puissant radiotélescope au monde.
Le problème ? L’afflux touristique menace les écosystèmes fragiles de l’Atacama. Les lagunes d’altitude, habitat des flamants andins, souffrent du piétinement. Les principes du tourisme responsable prennent ici tout leur sens.
Wadi Rum en Jordanie : le désert de grès rouge
Le Wadi Rum couvre 720 km2 de falaises, d’arches naturelles et de sable rouge dans le sud de la Jordanie. Inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2011, ce paysage a servi de décor au film Lawrence d’Arabie en 1962, puis à The Martian et Dune.
Les formations de grès atteignent 1 750 mètres d’altitude. Les inscriptions nabatéennes gravées dans la roche datent de 2 000 ans. Les Bédouins Zalabieh, qui gèrent la majorité des camps et des excursions, perpétuent un mode de vie fondé sur l’hospitalité et la connaissance intime du terrain.
Concrètement, un séjour type au Wadi Rum dure deux à trois jours : randonnée entre les canyons, escalade des arches, nuit sous tente bédouine. Le thé à la sauge, préparé sur un feu de braises, accompagne chaque rencontre. Les couchers de soleil sur les falaises rouges figurent parmi les plus photographiés du Moyen-Orient.
Désert du Namib en Namibie : le plus ancien du monde
Le Namib existe depuis 55 millions d’années. Ses dunes comptent parmi les plus hautes de la planète : certaines dépassent 300 mètres dans la zone de Sossusvlei. La Dune 45, haute de 170 mètres, se gravit en une heure au lever du soleil.
Deadvlei marque les esprits. Cette cuvette d’argile blanche, cernée de dunes orangées, abrite des squelettes d’acacias morts il y a 900 ans. Les arbres, préservés par la sécheresse extrême, forment un contraste saisissant avec le ciel bleu intense. Ce paysage surréaliste attire des photographes du monde entier.
La faune du Namib surprend par sa résilience. Les oryx, les springboks et les scarabées du brouillard ont développé des mécanismes de survie uniques. Le scarabée ténébrion collecte l’humidité du brouillard matinal sur sa carapace pour boire : 40 % de son apport en eau provient de cette technique (National Geographic, 2024).
Voyager dans le désert : conseils pratiques et sécurité
Partir en désert exige une préparation spécifique. Les écarts de température atteignent 40 °C entre le jour et la nuit dans le Sahara, et l’altitude complique la donne dans l’Atacama.
Hydratation : minimum 3 litres d’eau par personne et par jour. Dans l’Atacama, prévoir 4 litres à cause de l’altitude et de la sécheresse.
Protection : crème solaire indice 50+, chapeau à larges bords, lunettes catégorie 4. Les UV réfléchis par le sable augmentent l’exposition de 25 % par rapport à un terrain classique.
Vêtements : couches légères et respirantes le jour, doudoune et bonnet pour la nuit. Le coton absorbe la sueur et refroidit rapidement : privilégier les fibres synthétiques ou la laine mérinos.
Guide local : une obligation, pas une option. Les guides connaissent les pistes, les points d’eau et les conditions météo. En cas de tempête de sable, seul un local sait où trouver un abri.
Gastronomie : les cuisines du désert réservent des surprises. Le pain cuit sous le sable saharien, le mechoui des camps bédouins, les recettes orientales transmises de génération en génération transforment chaque repas en moment de partage.
Prochaine étape : choisir votre désert. Le Sahara pour une première immersion accessible. L’Atacama pour l’altitude et les étoiles. Le Wadi Rum pour l’histoire et la culture bédouine. Le Namib pour les dunes et la faune. Chaque grain de sable raconte une histoire géologique vieille de millions d’années.